10 octobre 2007
1.Un.
Bon ba 1er post. Un blog de plus d'un inconnu qui raconte sa vie. Je n'ai absolument pas la prétention de croire que ma vie vaille la peine d'être racontée. Cette démarche est totalement égoïste.
Fatiguée d'être ma seule interlocutrice, et en étant arrivé au point ou toute forme d'introspection me donnait envie de me jeter par la fenêtre, pourquoi pas essayer d'écrire tous ça avec comme but avoué de me libérer du plus de connerie qui encombre ma tête possible. Avec un peu de chance (et beaucoup d'auto persuasion!!), mes pensées iront sur la toile, puis dans la tête de celui qui lis et j'en serai débarrassée. L'auto-persuasion servant aussi à me convaincre que ces mots seront lu, bien évidemment.
A demain. C'est bien suffisant pour aujourd'hui.
11 octobre 2007
2.Deux.
Ba voila. On est demain.
Merde. J’ai acheté du tabac aujourd’hui. Ce qui dans le fond est plutôt banal. Ce qui m’emmerde vraiment, c’est que je me sente coupable. Cette putain de société ma rendu coupable de faire quelque chose que j‘aime.
Ça fait à peine 3 semaines que j’ai « arrêté » comme on dit dans les milieux in, et bordel j’en peux plus. Pas par manque de volonté non, mais parce que merde, j’aime fumer. J’aime me rouler ma clope pendant que je marche, j’aime remonter les couloirs du métro avec la clope éteinte au bec en attendant de sortir , j’aime le bruit de ma cigarette qui se consume lorsque je tire une bouffée. Et j’aime n’être absolument pas féminine lorsque je souffle la fumée par les narines.
Bientôt en plus de devoir se planquer pour fumer, faudra manger du chocolat en cachette et se créer une couverture pour aller au McDo : « manger sucré-salé-gras et grignoter entre les repas c’est MÂL ».
Donc oui, FUMER TUE. Mais quelle connerie. Mais oui on le sait, ça fait des années qu’on le sait. Je suis comme tous le monde. Alors vient le jour ou je me dis que je vais surement crever d’un cancer, et que je crèverais peut être avant ma mère et surement avant mon frère. Alors comme je suis pas non plus la dernière des salopes, j’arrête, pour faire plaisir.
Mais putain j’en peux plus. Je déteste faire quelque chose parce que je dois le faire. Comme la plupart des gens. Ça fait 2 jours que je dors plus….a si, j’ai dormi un peu ce matin, j’ai rêvé que je retournai dans le passé et que je fumais. Tous bénèf’, les clopes était vraiment moins chères!
12 octobre 2007
Suite directe.
Une nuit de plus à tout faire sauf dormir. Et à regarder ce paquet de tabac, fermé, intact, preuve ultime de ma non-rechute. Ça en devient maladif. Comment ose t’il me faire croire qu’un patch ou un chewing gum pourrait tous arranger alors que le vrai manque se situe bien au-delà qu’un simple problème de dépendance à la nicotine.
La gestuelle, mais fumer un stylo, c’est pas ça. Est-ce que je peux me mettre un chewing gum derrière l’oreille en pensant à ma pause à venir ou je pourrais (enfin) le mâcher ?! Est-ce qu’un patch m’aide à vider ma tête et centre mon attention lorsque j’écris ?!!
La question reste: Puis-je consciemment recommencer à faire quelque chose qui me tuera. Non pas que j’ai compris il y a 2 mois que fumer tue (comme dit hier), par contre, il y a 2 mois, j’ai eu la certitude de mourir d’un cancer si je continuai. Du genre à le sentir dans chaque parcelles de mon corps. La certitude ultime.
Je suis pas particulièrement superstitieuse ou persuadée d’être une voyante ou je sais pas quoi, mais je suis pas du genre à ne pas prendre en compte ce que je pense être mes pauvres restes d’instinct perdu, pour la plupart, dans notre « évolution » en super cerveau (super cerveau qui, c’est bien connu, est un atout majeur en toute circonstance!!! Mais je creuserais l’idée un autre jour.).
Bref, ce matin, n’ayant rien de particulier à faire; peu de temps après que le soleil se soit levé, et habiller n’importe comment (moi bien sur , pas le soleil, cette phrase est tournée n’importe comment…) bref donc, je suis sorti, avec mon paquet de tabac et mon reste de feuille dans la poche.
J’ai tourné 15 minutes ne sachant quoi faire, de peur de croiser quelque un de connu. Et puis j’ai trouvé un filtre oublié dans la poche de mon manteau: un signe bien sûr ! Après avoir re-tourné 40 minutes et ne plus supporter les 4 pauvres musiques présente dans mon MP3, je me suis assise (oui, dans la rue) et j’me suis roulée une clope.
M’a fallut trois plombes pour l’allumer. Le goût ne m’avait pas particulièrement manqué. C’est tous le reste, le rituel, la sensation de penser à rien d’autre que le moment présent.
Donc oui ça va me tuer. Mais alors quoi ?
13 octobre 2007
3.Trois.
Changement de programme. J'avais encore écris un super post plein de bonheur et sourire tous ça tous ça. C'est le week-end alors je vais prendre sur moi. D'ailleurs, je vais même me créer mon auto-rituel: Pas de plainte et de gueulante le week-end. Bordel, je sens déjà que ça va être dur. Mais bon, je me suis créé ce blog comme défouloir salvateur personnelle publique (aucune incohérence ici!).
Pour l'instant, on a le défouloir, mais pour le salvateur?! Et puis me calmer pendant 10 minutes, 2 jours par semaine, ça me fera pas de mal. Ça m'évitera peut être même un ulcère. Je sais, mon optimisme tend légèrement vers le pessimisme, que voulez-vous, les mauvaises habitudes tous ça ..
-moi par moi-
14 octobre 2007
4.Quatre.
Nuit productive. Pourtant je vais poster un vieux poème écrit il y a deux, trois ans peut être. Ou plus. Enfin j'en sais rien. Je crois n'avoir jamais eu la moindre notion du temps, à court ou à long terme.
Anyway, surement le meilleur que j'ai jamais écrit, à mon avis du moins. J'allais dire la seule chose bien que j'ai jamais écrite, mais soyons honnête (au moins avec nous même) je ne le pense pas.
Mon seul poème avec un titre si mes souvenirs sont bons. Doit vouloir dire quelque chose...
Il ne me reste de toi
Qu'une marque
Une cicatrice sur mon bras.
J'aurai voulu te haïr
Mais j'ai pleuré.
J'aurai pu fuir
J'ai préféré abandonner.
Mes yeux de glace
J'entends encore ta voix.
Mes jambes, lâchent,
Le sol contre ma joue est froid.
Et ainsi ma vie s'en va.
Mes dernières pensées pour moi.
- L'égoïste -
NB: Vert, couleur de l'espoir. Au moins ça fait rire mon cynisme.
15 octobre 2007
Gris 1.
Rien de très intéressant aujourd'hui...ha ha, elle est bien bonne. Pas envie de sortir et de voir des gens. Donc pas sorti et pas vu de gens. Ça faisait un bout de temps que j'avais pas été "malade", vu le froid, plus que probable que j'ai attrapé un rhume. Le boulot sera toujours là demain.
Alors j'ai changé la déco ici. J'métais dit que j'en avais rien à foutre du style par défaut. Mais bon, une en-tête, une chose en entrainant une autre. Ça m'a changé les idées 15 minutes.
Au moins le gris brule pas les yeux, et puis c'est neutre.
Rien à dire. A demain.
16 octobre 2007
13.
Me suis refait pour la énième fois le final de la saison 2 de Bibiche, Buffy quoi. (Becoming pour les initié, ou Acathla pour les adeptes de la VF). Tous ça pour rebondir sur le sujet qui m’a fait réfléchir pendant une bonne heure à la fin de l’épisode. L’acceptation de soi, de ce que l’on est, supposé être et supposé faire.
Au commencement, « je » n’existe pas. Nous sommes notre mère. On grandit, et devant son reflet, « je » devient. C’est simple, « je » est une entité à part entière, complète et défini par soi naturellement: j’aime j’aime pas étant ce qui nous résume pour la plus grande partie.
Et puis « je » grandit encore, rencontre d’autre « je ». Et « je » devient deux. Un « je » à nous avec du j’aime et j’aime pas dedans, et le « je » des autres.
S’accepter ! Mais accepter qui ? Celui que l’on est, que l’on croit être ? Ou encore celui que les gens nous disent que nous sommes, celui qu’ils voient ? Ou alors celui que les autres attendent que nous soyons ? Ou tous à la fois? Putain, ça fait du monde pour une seule personne !
Ami, parent, enfant, amant, « je » est plusieurs. Et puis être objectif sur soi même est parfois (souvent ?) compliqué. Pour des raisons X ou Y, on cache des facettes de notre personnalité, ce qu’il faut aussi assumer. Nous, ce que l’on est, ce que l’on cache, ce que l’autre voit.
Alors, s’accepter revient-il à accepter quelqu’un que nous ne sommes pas.
Dois-je accepter d’être résumée par une pathologie, un terme médical. MA maladie. Un vrai cas d’école comme on dit. Réglé comme du papier à musique.
Mais voilà, la dépression est loin d’être réglé comme du papier à musique. Même si il y a des symptômes récurrents, c’est différent pour tous le monde. Type, déclencheur, fréquence…. Ce qui en fait une maladie personnelle, propre à chacun. Au vue de tous ça, ma dépression, c’est moi.
Est-ce que c’est ce que je suis, alors que c’est ce que je subis.
S’accepter revient-il à accepter tous le reste…
18 octobre 2007
Chiffres aléatoires.
1er jour sans… marrant en sachant que je sors de mon cycle dépressif, qui à duré 4 semaines environ. Enfin jour sans, c’est plutôt que j’ai pas fait attention à l’heure. Je commence à écrire il est 1 heure du mat’, j’ai donc pas loupé de beaucoup :) Un smiles, c’est vraiment la fin. dans tous les sens du terme.
C’est la re-sociabilisation, après plusieurs semaines sans donner de nouvelles à personne, ça prend du temps. Mise à jour de tous les coups de fil que je devais donner depuis, convaincre un ami que non, je lui faisait pas la tête et recherche très active d’une troupe de théâtre….très active parce que j’ai fait la démarche d’appeler en majeur partie. A part ça, me suis pas beaucoup foulée. En un coup de téléphone j’ai trouvé, connaitre un metteur en scène aidant beaucoup! Mais bon, après 2 ans sans rien faire avec elle, ça fait vraiment plaisir qu’elle se soit rappelée de moi. J’ai même pas eu à demander, m’a offerte une place toute seule. Y’a pas à dire, jouer dans un théâtre parisien, et pour 4 représentations, on est tous de suite plus convaincant. C’est comme avoir bossé en Angleterre ou en Amérique quand on cherche un boulot pour Air France.
Je sais que 4 représentation ça peut paraitre très peu, mais quand on connait la réalité du métier et que beaucoup de pièces ne sont jouées qu’une fois, parfois devant 10 personnes… Alors 4 représentations et du publique, dont celle du samedi soir devant une salle quasiment pleine ! Que demande le peuple ? (le faire plus souvent). Je ne connais pas de plaisir plus grand que de sortir de scène pour 30 minutes plus tard, qui filent à la vitesse de la lumière, se retrouver de nouveau en coulisses à quelques centimètres d'elle, attendant que le lumière s’y allume pour la sentir sous nos pieds.
C’était en juin. Le théâtre m’a manqué.
....*
Bon j'ai un dilemme très dilemmisant, à savoir le sens de lecture de ce blog. Dates croissantes ou décroissantes?
Bref, me suis posé la question hier soir, et depuis la question revient régulièrement sur le tapis encombré de mon esprit. J'aime vraiment me prendre la tête avec des sujets à la con, enfin je vais finir par le croire vu le nombre de fois que ça arrive. Merde de chiasse de putain de connerie, ça me prend la tête et ça a absolument aucun intérêt. ET merde faut que j'aille en course. Et merde , je suis parti pour dire merde à tous toute la soirée !! Super !
19 octobre 2007
37.
Bon, ce soir premier travail de table avec ma troupe d’accueil. Quand j’ai eu Fanny, metteur en scène de son état, elle m’a dit qu’elle était contente que je revienne (j’ai travaillé 1 ans avec elle il y a 2 ans) et qu’on allait bien se marrer. Le fait est que je suis sûr que je vais être un putain de boute-en-train. En groupe, je suis le genre de personne qui a toujours une anecdote marrante à raconter, qui à le rire facile (et communicatif) et réputée pour mettre de l’ambiance.
[…] J’ai bloqué. Ça fait 10 minutes que je suis devant l’écran à relire ce que je viens d’écrire. C’est dingue à quel point je peux faire le grand écart entre mes périodes dépressives et le reste. Me suis rendu compte que je sortais de cycle lundi parce que j’ai eu un fou rire devant la télé. M’étais pas marrée depuis fin août.
J’ai longtemps pensé que le moi boute-en-train n’était qu’une couverture, pas vraiment moi. Que le vrai moi n’était absolument pas marrant, pas bavard , n’avais rien d’intéressant à raconter et n’était vraiment à l’aise que quand il était seul dans le noir, chez soi, a parler à personne.
Je pense que les 2 font partis de ce que je suis. Dépression ou pas, il m’arrive de ne pas avoir envie de voir des gens. Parait que les Gémeaux sont double….mais bon, j’suis pas aidé non plus! *sourire sarcastique*